L'aventure médiévale

On dit que les murs ont des oreilles et que les pierres chuchotent. Découvrez les Marches de Bretagne et leur histoire à travers les récits d’ambassadeurs d’hier et d’aujourd’hui : des passeurs d’histoires audacieux, inspirés, ancrés. Seigneur de Fougères, jeune paysanne résidente de la seigneurie du château de Marcillé-Robert, potier inspiré à Châteaugiron, guide-conférencier, commerçant… Aux portes de la Bretagne, on découvre un peu de leur métier, leur passion, leurs sentiments ou souvenirs au cœur des 12 sites de l’Aventure Médiévale. Alors, prenez part au dialogue, entrez dans la danse… et laissez-vous embarquer dans ce formidable réservoir d’histoires à partager et d’expériences à vivre. 

#1 FORTERESSE DE FOUGERES

IMPOSANT PARMI LES SITES DU RÉSEAU DE L’AVENTURE MÉDIÉVALE

Chateau de Fougères
© Lionel Le Saux

« Je suis Raoul II, seigneur du château au XIIe siècle. J’ai vu le château en bois de mes ancêtres réduit en cendres par les Anglais. Obstiné, engagé, j’ai demandé sa réédification en pierres cette fois ! Les premières pierres d’une future forteresse. » « Et quelle forteresse ! Moi, Perrine, j’officie en tant qu’architecte chargée de la restauration du château. Je connais bien l’architecture du château imaginée par Raoul II, même s’il a grandement évolué par la suite, devenant une des forteresses majeures du système défensif breton, la plus grande d’Europe. Aujourd’hui, chaque tour porte un petit nom ; parmi mes endroits préférés : les sous-sols des tours Raoul et Surienne ; le passage entre les tours Coigny et Coetlogon, qui date du temps de Raoul II justement ! » Petits secrets entre Passeurs d’histoires… Très pieux, Raoul II fit construire une chapelle au château. Aujourd’hui disparue, il semblerait que Perrine ait retrouvé son emplacement et les raisons de son étrange disparition au début du XVIe siècle. Essayez d’en savoir plus durant la visite ! 

#2 FORTERESSE DE VITRE

Marchande parmi les sites du réseau de l’Aventure Médiévale

Château de Vitré
© Noé C Photography

Habillée de beaux tissus, Françoise Lebreton, fille et femme de marchands au XVe siècle, avait sans doute autant d’élégance que le château n’en dégage aujourd’hui… « Ma famille travaille dans le commerce des toiles de chanvre. Une activité que nous pouvons mener sereinement sous la protection du Baron de Vitré et des fortifications de son château-fort. J’aime ma ville natale, son architecture et son ouverture sur le monde. » Aujourd’hui encore, l’âme des marchands flotte sur la cité vitréenne. Une salle du château leur est dédiée et une remarquable cheminée Renaissance témoigne de leur prospérité au deuxième étage. Pierre Rovenel, commerçant de la ville, a récemment retracé la généalogie de sa famille, liée elle aussi aux marchands. « Je me sens bien dans cette ville, je parcours avec délice la promenade des remparts et les ruelles de Vitré, je ne manque pas une occasion de venir prendre un verre ou participer aux festivités régulièrement organisés Place du château. Une ambiance conviviale toujours teintée d’une once de médiéval. Rejoignez-nous ! » 

#3 RENNES

ducale à souhait parmi les sites du réseau de l’Aventure Médiévale

Couvent des Jacobins de Rennes
© JF Mollière

Pour l’équipe de guides-conférenciers rennais, impossible de conter l’histoire de la cité, sans faire référence à l’obstinée et engagée Anne de Bretagne, duchesse en son royaume. Anne de Bretagne a marqué cette ville et laissé son empreinte. Découvrez ainsi son endroit favori : la chapelle Saint-Yves, ou un lieu plus intime, la tombe de sa soeur Isabeau dans la cathédrale Saint-Pierre, édifice qui fut aussi témoin du mariage d’Anne. À droite de la cathédrale, empruntez la Rue des Dames, nommée ainsi en l’honneur de ses dames de compagnie. Quant au couvent des Jacobins, lieu de rencontre dont celle d’Anne de Bretagne et de Charles VIII, il témoigne de la diversité de populations accueillies en terres rennaises : étudiants, pèlerins, marchands, artisans se mêlaient dans ce territoire de Marches…
Au fil des épisodes historiques comme des anecdotes racontées par les guides-conférenciers, Rennes se dévoile, une balade teintée tantôt de grands faits et de tragédies, tantôt de poésie. Un voyage empli de détails comme ceux d’une couronne ducale ou d’un livré enluminé.
 

#4 CHÂTEAUGIRON

Créative parmi les sites du réseau de l’Aventure Médiévale

©️Les 3 CHA

L’histoire médiévale de Châteaugiron est empreinte de sensibilité artistique. « Moi, Jean de Derval, baron de Châteaugiron, amateurs de lettres, accueille ici Pierre le Baud, chroniqueur de l’histoire de Bretagne à la demande d’Anne de Bretagne. » Depuis toujours, on joue ici avec les mots, les couleurs, les idées. Potier du Moyen-âge et sculpteur contemporain, ces deux-là partageraient à coup sûr une même vision : un horizon en volumes, un regard tout en nuances sur Châteaugiron et son château. Alors prenez une grande inspiration artistique et venez découvrir ces lieux où le médiéval dialogue avec notre époque, sans dissonance aucune. Quel meilleur endroit que la chapelle du château pour accueillir un centre d’art contemporain et voir les murs de la bâtisse s’animer au gré des expositions. Quel meilleur spot que l’étang de la ville pour admirer la vue sur le château, qui emplissait autrefois de fierté le Seigneur Jean de Derval. 

#5 SAINT-AUBIN-DU-CORMIER

Fondatrice parmi les sites du réseau de l’Aventure Médiévale

Saint Aubin du Cormier
© alamoureux

Perchée sur un éperon rocheux, lieu symbole de la résistance des Bretons à la France à travers l’épisode de 1488, Saint-Aubin du Cormier affichait au Moyen-âge un caractère batailleur. Adoucie par les siècles, la cité a gardé son goût pour les belles choses et notamment l’art de la tapisserie qui a traversé les époques. Cécile, tapissière, consacre sa journée à la restauration de sièges tapissés. « Je me sens à ma place dans mon atelier, un espace un peu à part, hors du temps, où l’esthétique et la technique règnent en maître. Les meubles anciens que je rénove font forcément écho à l’histoire passée de Saint-Aubin, je suis aussi à proximité du château. Comme mes prédécesseurs en ce lieu, je trouve l’inspiration dans le bois de Rumignon, dominant la vallée du Couesnon, à l’ombre des châtaigniers, des hêtres et pins sylvestres. » Entre placettes, vergers et jardin médiéval, appréciez aussi la douceur de vivre de cette Petite Cité de Caractère®, sentinelle de la Bretagne. 

#6 LA GUERCHE DE BRETAGNE

Savoureuse parmi les sites du réseau de l’Aventure Médiévale

La Guerche de Bretagne
© Vitré Communauté-Pierre Lepoutre

Et si on pouvait lire l’histoire de la Guerche dans un panier du marché ?! « Je suis Jehan le Géant, chanoine de la collégiale. Etant moi-même friand de bons produits et nouvelles saveurs, je cultive un jardin de légumes et fruits dans le clos du chapitre. » Marché sous la halle couverte ou foires, les goûts et les saveurs transitent depuis des siècles sur les étals de cette cité marchande au coeur des Marches de Bretagne. Cultivateurs bio, restaurateurs, traiteurs… ils sont nombreux à faire perdurer la tradition gourmande de la Guerche et le marché du mardi n’a rien perdu de son allégresse. Âgé de plus de 900 ans, c’est le deuxième marché d’Ille-et-Vilaine. Villecarrefour, la Guerche est une étape qui mérite que l’on s’y attarde. On commence par flâner autour de la basilique, le regard capté par les coquettes maisons à porches et pans de bois. On rejoint aussi les berges des rivières et étangs, autrefois indispensables aux tisserands des Marches de Bretagne. 

#7 LA BOUËXIÈRE

nature parmi les sites du réseau de l’Aventure Médiévale

La Bouxière
© Noé C Photography

Le village médiéval de Chevré à la Bouëxière et son donjon symbolisent la fonction défensive de ce site au sein des Marches de Bretagne. À cela s’ajoute la fonction plus divertissante du massif forestier qui l’entourait. A chacun son époque, à chacun ses hobby ! « Ici viennent chasser les barons de Vitré, le gibier y a élu domicile et croise parfois leur route. Quant à moi, j’aime passer de longues heures à m’entrainer au tir à l’arc dans ce bois. » Parole de chasseur du Moyen-âge. Non loin de la Bouëxière, l’encadrant sportif de la base de loisirs du Couesnon raconte aujourd’hui les choses autrement : « Enfant du pays, j’ai toujours aimé venir me balader ici. Pour marcher, courir ou faire du vélo, c’est un endroit idéal pour programmer des sessions quotidiennes. J’y convie d’ailleurs parfois des groupes pour une séance de sport. » Les pratiques changent, mais la détente demeure, sous la bénédiction du donjon toujours visible ! 

#8 ENIGMAPARC

Fantastique parmi les sites du réseau de l’Aventure Médiévale

La Bouxière
© MBoquet

Albert Enigmus est libraire et aventurier : « Des histoires, j’en connais des tas. Et celle que je vais vous partager pourrait bien vous faire frissonner… On raconte qu’un dragon nommé Diwaller, vit tapi dans les restes d’un château médiéval, ruine d’une Histoire marquée par les batailles inhérentes aux Marches de Bretagne. À vous intrépides visiteurs, vous curieux enquêteurs, d’avoir l’audace de partir à la recherche de la salle abritant le trône de Breizh, quitte à tomber nez-à-nez (ou plutôt nez-à-gueule) avec le dragon ? En chemin, évitez moult pièges et résolvez les énigmes, découvrez l’Histoire des Marches de Bretagne et atteignez avec hardiesse l’étape finale, la salle du trône. » 

#9 LA TOUR DU GUESCLIN

Audacieuse parmi les sites du réseau de l’Aventure Médiévale

Tour Duguesclin
© Noé C Photography

« Je me nomme Bertrand Du Guesclin. Défenseur du territoire des Marches de Bretagne, j’ai pris part à de nombreuses batailles. Mais je suis surtout très fier de mon premier fait d’armes : la prise du château de Fougeray aux anglais. Du courage, de la force, il en faut… mais l’audace et la ruse ne seraient-elles pas de précieux alliés pour remporter la victoire ? ». « Je m’appelle Augustine et l’histoire de la Tour du Guesclin fait partie de mes favorites. En 1350, Bertrand du Guesclin échafaude un plan pour reprendre le château aux Anglais. Avec quelques-uns de ses hommes, ils se déguisent en bucherons et cachent leurs armes entre les fagots, pénètrent dans le château et remportent leur combat ! Un remake du Cheval de Troie ! Il ne subsiste désormais qu’une seule tour du château et son chemin de ronde offre un superbe panorama. Psst ! J’aime aussi me cacher au pied du thuya géant dit « arbre des amoureux » : je repense au culot de du Guesclin et j’échafaude mes projets pour le futur avec autant d’audace ! »  

#10 LA MOTTE DE BARON À GUIPRY-MESSAC

Bucolique parmi les sites du réseau de l’Aventure Médiévale

Tour Duguesclin

Dans un cadre naturel remarquable, nichée entre la Vilaine et les massifs boisés, se dresse la Motte de Baron, halte bucolique du réseau de l’Aventure Médiévale. Aujourd’hui, l’imagination est de mise pour comprendre la vie que ce lieu abritait autrefois. Sur ce vaste domaine de Baron, quelques vestiges défensifs sont encore visibles actuellement : la basse court et les fortifications en ruine se révèlent aux plus attentifs tandis que le moulin et l’étang ne peuvent passer inaperçus. Lieu de péage et de défense, la motte constituait une dépendance seigneuriale des seigneurs de Lohéac. Toujours soucieux de protéger leurs terres dans cette zone des Marches de Bretagne, ils gardaient un œil sur le domaine grâce au promontoire de la motte. Les temps ont passé, les gardiens et le rythme ont changé. « Sur la Vilaine de nos jours, on régule le passage des bateaux de plaisance disent les éclusiers. La rivière relie Guipry-Messac à Redon : embarqué sur une péniche, la vitesse toute relative offre tout le loisir d’imaginer la remontée du sel depuis Guérande, qui était autrefois, une activité majeure sur le cours d’eau Lors d’une croisière sur la Vilaine ou le chemin de halage, si vous êtes en quête d’une pause nature et culturelle, suivez les traces des seigneurs de Baron à la Motte féodale. Quelques panneaux vous guideront dans ce voyage médiéval 

#11 MARCILLÉ-ROBERT

Intrigant parmi les sites du réseau de l’Aventure Médiévale

Marcillé RObert -Roches aux Fées communauté
© Roche aux Fées communauté

Au coeur des ruines de la forteresse de Marcillé-Robert, étonnante avec son plan centré et organisé autour de six tours mais pas de donjon, résonnent encore les pas d’une jeune paysanne. Historien spécialiste du château, M. Meuret nous raconte. « Pour exploiter le domaine du Seigneur, une population agricole importante était installée sur place. Lieu d’échanges mais aussi de protection, la basse-cour voyait régulièrement les paysans se regrouper en son sein. Quant au seigneur, il partageait annuellement un repas avec eux. » Et si vous êtes en quête d’une balade digestive, rejoignez les bords de l’étang tout proche pour emprunter le sentier d’interprétation avec point de vue sur le château. 

#12 MARCILLÉ-RAOUL

Expérimentale parmi les sites du réseau de l’Aventure Médiévale

Marcillé-raoul
© APPAC

Entre terre et pierres, se dessine l’histoire de la motte de Marcillé-Raoul. Autrefois, les tailleurs de pierre ont oeuvré à l’édification de l’enceinte de ce site fortifié sous la houlette du baron Raoul II de Fougères. Un site castral composé de deux mottes de terre de 15 et 8 mètres de haut séparées par un fossé de 5 mètres de profondeur ! Le temps a passé et les archéologues contemporains s’attachent à mettre à jour l’histoire du lieu. Pour cela, les plantes sont leurs meilleures alliées. Grâce à la phytoarchéologie, on comprend l’histoire du site via l’observation des plantes en surface. Une pratique confidentielle mais au combien enrichissante !